Comment réaliser un Kokédama

L’hiver, on bichonne nos plantes. Pas seulement celles du jardin, mais aussi celles de la maison comme les orchidéesles piléas ou les cactus qu’il vaut mieux hiverner. On profite également, que la mousse est à son apogée avec l’arrivée de l’hiver et moi j’adore la mousse ….Que je peux ramasser sur ma propriété aux pieds des grands pins Sylvestre. Après la vague des terrariums, voici arrivée une nouvelle tendance venue du Japon, l’art du Kokédama. Quand les plantes quittent leur pot, elles se transforment en sculptures végétales poétiques pour l’intérieur ou l’extérieur, mais aussi, en paysages miniatures dans lequel les plantes sont sublimées. Alors aujourd’hui, je vais vous expliquer, point par point, comment en réaliser un….ou plusieurs !

L’origine du KOKEDAMA

Venue du Japon, cette nouvelle façon de présenter les plantes, dedans ou dehors, s’appelle le « kokedama ». Art végétal japonais remontant aux années 90. A cette époque, les jeunes japonais étaient à la recherche de décorations végétales, avec un entretient facile contrairement à l’art du Bonsaï assez contraignant. A mi chemin entre le bonsaï, le Néré (petit paysage à base de Mousse) et l’ikebana. Il s’agit d’habiller les racines de la plante, avec un substrat composé d’argile, terreau de semis et vermiculite, puis d’envelopper le tout de mousse, formant une sphère. En effet, le terme kokedama vient de « koke », qui signifie mousse verte, et de « dama », qui signifie balle. On peut ainsi la conserver sans pot, mis en valeur sur une céramique, un morceau d’ardoise, suspendue dans les airs par une ficelle attachées à des branches ou une tonnelle dans le jardin, mais encore devant une fenêtre pour les plantes d’intérieur. Attention cependant aux courants d’air ou aux rayons du soleil trop directs.

C’est facile, c’est ludique et très bluffant ! Je vous explique tout.

Que me faut-il, pour réaliser ces jolies créations végétales ?

Il vous faut : une plante en godet avec ses racines gazon d’Espagne, ficus, l’Asparagus pulposus ou l’Asparagus falcatus, tous deux au feuillage si léger, certaines fougères comme Davallia canariensis, des cactées comme Echeveria agavoides ou bien des euphorbes cactiformes etc.(Voir plus bas la liste de certains végétaux utilisables pour cet art).  Mais aussi de l’argile en pain (Cultura), du terreau, de la vermiculite, de la mousse naturelle (récupérée au jardin ou en forêt ou vendue en jardinerie), de la ficelle de chanvre et de nylon, des ciseaux, une bassine et de l’eau. Je ne vous conseille pas les plantes fleuries car trop fragiles, à moins d’en avoir une utilisation limitée.

Explications pas à pas

  • La veille, prélever un morceau d’un quart d’argile et le mettre à tremper dans une bassine avec de l’eau. Il doit être complètement immergé.
  • Le lendemain, préparer le substrat. Sur un morceau de papier journal, mélanger 1/3 d’argile avec 1/3 de terreau de semis et 1/3 de vermiculite.
  • Bien mouillé le tout.
  • Sortir la plante choisie de son pot, enlever très délicatement la terre autour des racines, en laissant un peu de substrat dans lequel elle était.
  • Envelopper les racines avec le substrat préparé. Former une boule.
  • Envelopper le tout d’un large morceau de mousse, appuyez bien tout autour pour faire adhérer, ficelez soigneusement en terminant par deux longueurs de ficelle afin de suspendre le kokedama….ou pas si vous souhaitez le laisser dans une coupelle comme ici.
  • Immerger le Kokedama quelques instants, afin de bien humidifier les racines. Laisser égoutter.

Et après, comment l’entretenir ?

  • Est-ce difficile à conserver ?
    À la différence des bonsaïs, qui demandent des soins presque quotidiens et une certaine expérience, le kokedama est très facile d’entretien. Il suffit de l’arroser.
  • Comment dois-je l’arroser ?
    Avec les kokedama que je réalise, un petit entonnoir qui sert à verser l’eau au coeur de la sphère est fourni. Il faut éviter de mouiller la mousse car sinon, elle va brunir. On attend pour arroser que le kokedama devienne léger. On utilise une eau à température ambiante et faiblement minéralisée (résidu sec à 180 °C inférieur ou égal à 250 mg/l : Thonon, Évian, Plancoët, Abatilles, Valvert, Volvic, Mont Roucous) ou mieux, de l’eau de pluie. Vous pouvez également « couper » à 50 % une eau minéralisée avec de l’eau distillée. Si vous utilisez de l’eau du robinet, laissez-la reposer 24 heures pour que le chlore s’évapore. Après la floraison, réduisez un peu les arrosages.
  • Faut-il lui apporter des engrais ? 
    Cinq mois après l’achat, vous pourrez commencer à l’arroser deux fois par mois avec de l’eau enrichie en engrais pour orchidées, faiblement dosé.
  • Où installer mon kokedama ? 
    Pas de soleil direct ! Placez-le derrière une fenêtre voilée. En hiver, quand la luminosité est moins forte, vous pouvez le rapprocher de la fenêtre et écarter le rideau pour lui donner un peu de soleil direct. En été, reculez-le à 2 m de la fenêtre, surtout si elle est orientée plein sud.
  • Combien de temps mon kokedama va-t-il durer ?
    Cela dépend de la plante. Certaines espèces peuvent vivre deux ans dans la sphère de mousse (spathiphyllum, asparagus, aloé, phalaenopsis, lierre, beaucarnéa, certaines succulentes). D’autres un an. Quand on voit que la plante se développe trop et que l’on ne peut plus la tailler, on la rempote dans un pot classique. Vous pouvez également nous la rapporter pour qu’on confectionne une nouvelle sphère.

Pour vous guider dans le choix du sujet végétal….

  • Ambiance mexicaine :AgaveAgave striata ‘Minima’
    Besoins : conservez à l’intérieur, sans courants d’air et à environ 20 °C. Engrais après 5 mois. Apportez 3 entonnoirs d’eau toutes les 3 semaines.
    Exposition : cette plante d’origine mexicaine demande une ambiance lumineuse sans soleil direct. Sortez-la l’été à l’ombre.
  • Tout en rondeurs : Poivrier de ChineZanthoxylum sinensis
    Besoins : intérieur et extérieur en été. Soyez rigoureux dans les arrosages, car s’il s’assèche trop, il perd ses feuilles (sans mourir cependant). Il mettra 2 mois avant de retrouver sa bonne mine…
    Exposition : bonne lumière, sans soleil direct.
  • Qui s’y frotte… : AloeAloe Cosmo® ‘Green Pearl’.
    Besoins : comme toutes les succulentes aux feuilles charnues, celle-ci ne demande que très peu d’arrosages.
    Exposition : ambiance lumineuse sans soleil direct. Sortez-la l’été à l’ombre et à l’abri des escargots et des limaces
  • En transparence : Asparagus de Sprenger, Asparagus densiflorus
    Besoins : la plante n’aime pas avoir les racines trop longtemps au sec. elle vit dedans et dehors (en été). Elle redoute aussi le froid (en dessous de 12 ou 13 °C).
    Exposition : à mi-ombre.
  • Sous les Tropiques : Ficus ‘Ginseng’Ficus microcarpa
    Besoins : cette plante vit en intérieur, entre 15 et 25 °C. Évitez les changements brusques de luminosité, la proximité d’une vitre mal isolée en hiver et les courants d’air.
    Exposition : ambiance lumineuse, mais à l’abri du soleil direct de mi-avril à mi-octobre.
  • Vertige graphique : SansevieriaSansevieria cylindrica
    Besoins : cette version moderne et à fait étrange de la fameuse « langue de belle-mère » est une succulente qui demande peu d’arrosages. Ne l’exposez pas à moins de 13 °C.
    Exposition : soleil léger ou mi-ombre. Attention, le soleil direct brûle les feuilles, surtout derrière une vitre.
  • Feu d’artifice : DragonnierDracaena marginata
    Besoins : une plante d’intérieur facile, qui supporte un passage dehors en été (à l’abri des limaces !). On peut la laisser quelques jours au sec avant de lui offrir un bon arrosage.
    Exposition : pas de soleil direct mais une luminosité correcte. Une fenêtre légèrement voilée et exposée à l’est ou au nord-est convient. Évitez la proximité d’une fenêtre mal isolée en hiver.
  • Étrange animal : Fougère patte-de-lapinDavallia canariensis
    Besoins : cette drôle de fougère peut vivre en intérieur ou en extérieur l’été. Les températures habituelles d’une pièce conviennent toute l’année.
    Exposition : il faut une lumière vive, mais à l’abri du soleil direct de mi-avril à mi-octobre.
  • Comme en forêt : Coussinet des boisLeucobryum glaucum
    Besoins : cette mousse vit en intérieur ou extérieur (on la rencontre dans les forêts à sol acide et dans les prés humides du nord de l’Europe centrale et de l’Europe de l’Est). Elle ne demande pas d’engrais.
    Exposition : une ambiance peu lumineuse est préférable.

Il ne vous reste plus qu’a découvrir l’art nippon du kokedama, beaucoup moins délicat à cultiver qu’il n’en a l’air !

 

 

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