Gratin dauphinois Akrame Benallal : quand la tradition se réinvente

À première vue, le gratin dauphinois évoque immédiatement la tradition, la générosité et le réconfort. Pourtant, sous l’impulsion du chef Akrame Benallal, ce plat emblématique prend une tout autre dimension. En effet, fidèle à son approche instinctive et épurée, le chef y introduit le poireau, un légume souvent discret mais terriblement subtil.
Un gratin dauphinois revisité par l’exigence d’un chef étoilé

Ainsi, loin de dénaturer la recette originelle, cette variation l’enrichit d’une profondeur nouvelle, plus végétale, plus contemporaine. De ce fait, le gratin devient un terrain d’expression où la précision rencontre l’émotion.
Le poireau, fil conducteur d’une élégance végétale

Souvent relégué au rang de simple accompagnement, le poireau trouve ici une place centrale. D’abord pour sa douceur naturelle, ensuite pour sa capacité à dialoguer avec la pomme de terre sans jamais la dominer. Grâce à une sélection rigoureuse et une cuisson parfaitement maîtrisée, il apporte une texture fondante et une légère sucrosité qui équilibrent la richesse du plat.
Par ailleurs, le poireau possède cet avantage rare : il structure le goût tout en allégeant la sensation en bouche. Ainsi, le gratin gagne en finesse, sans perdre son caractère enveloppant.
Une lecture moderne du terroir français

Chez Akrame Benallal, la tradition n’est jamais figée. Au contraire, elle sert de point d’ancrage à une réflexion plus large sur le goût. De ce point de vue, ce gratin dauphinois aux poireaux illustre parfaitement sa philosophie : respecter l’héritage tout en le rendant vivant. Tout comme sa recette des fameux poireaux vinaigrette déjà publiée sur le blog.
En effet, chaque élément est pensé pour sublimer l’autre. Les pommes de terre, choisies pour leur tenue et leur onctuosité, créent une base rassurante. Tandis que le poireau, plus aérien, introduit un contraste délicat. Par conséquent, le plat gagne en relief et en modernité.
La maîtrise des textures, signature du chef

Ce qui distingue véritablement la vision d’Akrame Benallal, c’est l’attention portée aux textures. Ici, rien n’est laissé au hasard. Le fondant, le moelleux et la légère résistance à la découpe participent pleinement à l’expérience gustative.
De plus, cette maîtrise permet d’éviter l’écueil d’un gratin trop lourd. Grâce à un équilibre précis entre matières grasses et éléments végétaux, la dégustation reste fluide, presque aérienne. Ainsi, chaque bouchée appelle naturellement la suivante.
Un plat de saison, sincère et rassurant

Autre atout majeur de ce gratin revisité : son ancrage saisonnier. Le poireau, légume d’hiver par excellence, apporte une cohérence naturelle au plat. De ce fait, le gratin s’inscrit parfaitement dans une cuisine de saison, respectueuse des produits et du rythme de la nature.
En outre, cette dimension saisonnière renforce le côté réconfortant du plat, tout en lui offrant une lecture plus contemporaine. Autrement dit, un classique revisité avec intelligence et sensibilité.


Gratin dauphinois aux poireaux signé Akrame Benallal : une vision contemporaine d’un grand classique, entre douceur végétale, précision technique et élégance gastronomique.
- 2,3 kg de pommes de terre Agrias
- 1 blanc de poireau (ou 2 suivant vos préférences)
- 1 oignon
- 7 gousses d’ail
- 1,5 L de crème fraîche liquide entière
- 75 cl de lait entier
- 60 g de beurre doux
- 25 g de gros sel
- 15 g de noix de muscade en poudre
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Éplucher les pommes de terre, rincez-les rapidement puis tranchez-les finement (2 à 3 mm). Émincer l’oignon très finement. Nettoyer le blanc de poireau et taillez-le en fines rondelles. Éplucher et écraser légèrement les gousses d’ail.
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Dans une grande casserole, verser la crème et le lait. Ajouter l’ail, l’oignon, le gros sel et la muscade. Faites chauffer à feu doux, sans jamais porter à ébullition, pendant 10 minutes afin que les arômes infusent.
Plonger les pommes de terre crues dans le mélange chaud. Laisser cuire 15 à 20 minutes à feu très doux, en remuant délicatement. Les pommes de terre doivent commencer à s’attendrir tout en libérant leur amidon — c’est la clé de l’onctuosité.
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Pendant ce temps, faire fondre 20 g de beurre dans une poêle. Ajouter le poireau, salez très légèrement et laissez-le fondre sans coloration pendant 8 à 10 minutes. Il doit devenir doux et presque confit.
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Préchauffer le four à 160 °C.
Beurrer généreusement un grand plat à gratin avec le reste du beurre.
Disposez : une couche de pommes de terre nappées de crème, une fine couche de poireaux fondants, et recommencez jusqu’à épuisement des ingrédients.
Versez le reste de l’appareil crème-lait à hauteur.
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Cuisson lente
Couvrir le plat de papier aluminium. Enfourner pour 1 heure, puis retirez l’aluminium et poursuivez la cuisson 30 minutes, jusqu’à obtenir une surface légèrement dorée et un cœur ultra fondant.
Repos & service
Laissez reposer le gratin 30 minutes avant de servir. Cela permet aux couches de se stabiliser et aux saveurs de s’harmoniser.
Conseils de chef
Agrias obligatoire : leur richesse en amidon donne un gratin soyeux et profond.
Aucune coloration excessive : ici, la noblesse vient du fondant, pas du gratiné.
Pas de fromage : la crème, le lait et l’amidon suffisent largement.
Un gratin opulent, précis et terriblement élégant, parfait pour une table d’hiver, un plat de fête ou une version gastronomique du réconfort absolu.
Conseils pour apprécier pleinement ce gratin d’exception
Pour savourer pleinement cette interprétation du gratin dauphinois :
- Privilégiez une dégustation bien chaude, afin que les arômes se déploient pleinement.
- Servez-le en accompagnement d’une viande rôtie ou d’un plat végétarien raffiné, pour un équilibre parfait.
- Enfin, laissez-lui quelques minutes de repos avant service : cela permet aux textures de se stabiliser et aux saveurs de s’harmoniser.

Un gratin qui raconte une vision de la gastronomie
En définitive, le gratin dauphinois aux poireaux du chef Akrame Benallal dépasse largement le cadre d’un simple plat. Il raconte une vision : celle d’une gastronomie sensorielle, précise et profondément émotionnelle. Grâce à une lecture contemporaine et un respect absolu du produit, ce grand classique se transforme en une expérience culinaire à part entière.
Et finalement, c’est peut-être là toute la force de ce gratin : rassurer par la tradition, surprendre par la modernité, et séduire par l’élégance. Un peu comme la version du chef Eric Fréchon que vous aviez adoré, le fameux gratin dauphinois aux cèpes ou la version du chef Christian Etchebest aux marrons.


