Pets de Nonne : la recette d’Hélène Darroze pour Mardi Gras

À l’approche de Mardi Gras, les cuisines s’emplissent de parfums de friture délicate et de sucre glace. D’abord modestes, presque rustiques, les Pets de Nonne traversent pourtant les siècles avec une grâce intacte. Aujourd’hui, revisités par la cheffe étoilée Hélène Darroze, ils gagnent en finesse sans rien perdre de leur gourmandise originelle.
Ainsi, cette spécialité festive s’inscrit à la croisée de la tradition populaire et de la haute gastronomie.
Quelle est l’origine des Pets de Nonne ?


Avant tout, revenons à l’histoire. Les Pets de Nonne apparaissent dès le Moyen Âge en Europe. À l’origine, il s’agissait de petits beignets réalisés à base de pâte à choux ou de pâte frite, souvent préparés dans les couvents.
Selon la légende, leur nom viendrait du bruit léger produit par la pâte plongée dans l’huile chaude. D’autres versions évoquent une plaisanterie monastique. Quoi qu’il en soit, ce dessert s’impose progressivement comme une gourmandise incontournable du Carnaval.
Or, Mardi Gras marque traditionnellement le dernier jour avant le Carême. Autrement dit, c’est le moment d’utiliser les ingrédients riches — œufs, beurre, sucre — avant la période de jeûne. C’est pourquoi beignets, bugnes et autres douceurs frites envahissent les tables.
Les Pets de Nonne deviennent alors un symbole festif, à la fois simple et généreux.

La version d’Hélène Darroze : légèreté et précision
Connue pour sa cuisine élégante et ancrée dans le terroir, Hélène Darroze sublime cette recette traditionnelle en misant sur la précision des gestes et la qualité des produits.
D’une part, elle travaille une pâte à choux parfaitement équilibrée.
D’autre part, elle veille à une friture maîtrisée pour obtenir une texture aérienne, presque soufflée.
Enfin, le sucre glace vient délicatement poudrer l’ensemble, sans excès, afin de préserver la légèreté du beignet.
Le résultat ? Une bouchée croustillante à l’extérieur, fondante et creuse à l’intérieur, qui évoque à la fois l’enfance et la haute pâtisserie.


Voici la recette gourmande et aérienne de Mardi Gras, signée Hélène Darroze. Origine, histoire et secrets de ces beignets dorés irrésistibles.
- 200 g de farine
- 3 œufs
- 16 cl de lait entier
- 60 g de beurre
- 6 g de sel fin
- 40 g de sucre semoule
- 2cl de Cointreau
- 2cl d’eau de fleur d’oranger
- 1 pincée de zestes d’orange râpés finement
- 1 litre d’huile de pépin de raisin
-
Mélanger le lait, 14 cl d’eau, l’eau de fleur d’oranger, le beurre coupé en morceaux, le sel, le sucre, le Cointreau et les zestes d’orange dans une casserole et faire chauffer le tout.
Avant ébullition, retirer la casserole du feu, ajouter en une seule fois la farine, puis mélanger vigoureusement.
Remettre ensuite la préparation sur le feu et remuer jusqu’à ce que la pâte se détache du fond.
Transvaser la pâte dans un saladier, puis incorporer les œufs un par un en les mélangeant au fouet énergiquement.
-
Faire chauffer l’huile dans une friteuse à 170 °C. Garnir une poche à douille lisse avec la pâte. Former des petites boules sur une feuille de papier cuisson, couper cette feuille en deux pour faire glisser les boules de pâte dans la friteuse.
Ou, utiliser deux cuillères pour former des boules de petites tailles, imparfaites. Retourner les pets-de-nonne dans l’huile jusqu’à ce qu’ils soient bien dorés.
Egouttez-les ensuite sur du papier absorbant et saupoudrez-les de sucre semoule. Servir sans attendre.
Conseils et Astuces de la Cheffe :
Servir avec une sauce chaude au chocolat.
Conseils pour des Pets de Nonne parfaits

D’une part, veillez à ne pas surchauffer l’huile : une température trop élevée colore l’extérieur sans cuire l’intérieur.
D’autre part, ne surchargez pas la casserole ; les beignets ont besoin d’espace pour gonfler.
Par ailleurs, servez-les tièdes. C’est à ce moment précis que leur texture est la plus aérienne.

Pourquoi ce dessert traverse les générations ?

Parce qu’il est simple. Parce qu’il est festif. Mais surtout parce qu’il rassemble.
Les Pets de Nonne évoquent les goûters d’enfance, les fêtes de village et les tables familiales animées. Toutefois, lorsqu’une cheffe comme Hélène Darroze s’en empare, ils prennent une dimension nouvelle : celle d’un patrimoine culinaire sublimé.
En définitive, ces petits beignets dorés rappellent que la grande cuisine naît souvent des recettes les plus humbles.

